MON ENFER DU DEUIL BLANC 

Thérapeute.... Pire ! Maître praticien.... Un titre. Une fonction. Des compétences techniques. Des qualités humaines. On imagine souvent les thérapeutes comme des êtres en dehors de la mêlée, avec toutes les clés en main, capables de traverser les tempêtes émotionnelles avec une boussole infaillible. Et pourtant, quelle ironie !... C’est mon métier, ma passion, mon étiquette. Mais il s'agit souvent d'un masque de savoir, derrière lequel se cache aussi des drames, des blessures, des vulnérabilités. L'analyse et les diplômes ne sont pas des gilets pare-balles anti-douleur... Alors il est parfois bon de poser la caisse à outils, de faire le bilan, et de procéder au ménage de printemps. Ici et maintenant, je pose mes dossiers, et je fais tomber le masque de celle qui "sait" pour laisser place à celle qui saigne.

 

Je ne cesse de rappeler que "le corps sait". C'est vrai. Et j'en fais les frais... 

J'avais déjà subit une ablation de la vésicule il y a 1 an 1/2 (zone de la colère), mais ce n'était pas terminé pour autant... Depuis le début de l'année, etre tendinite de la hanche, canal carpien, calcifications de l'épaule, gorge bloquée à en presque vomir parfois, et de multiples autres maux..., je somatise et mon corps est un véritable champ de mines ! Évidemment, il crie ce que je ne peux dire tout haut. Alors aujourd'hui, j'ai décidé de faire du tri dans les placards, de vous montrer sans fausse pudeur, sans artifice, et de libérer ce qui empêche, de dire, ce qui me mutile depuis si longtemps. Pas pour qu'on me plaigne, pas pour être prise en pitié, et encore moins par vengeance. Mais simplement pour réhabiliter. Ce que vis, et qui je suis. Parce que pour moi, se montrer vrai, c'est être loyale et authentique envers soi et les autres. Et sans oublier que la justice, la clairvoyance, la précision, dirigent mon HPI/HPE et donc ma vie...

 

Voici MA vérité brute, mon histoire. 

 

45 ans. 

C'est mon âge. Et oui, je suis HPI/HPE. Toute une vie à me sentir différente, à tout analyser, tout décortiquer, tout triturer, pour toujours plus de clarté. Comme un système de pyrolyse automatique qui tourne sans jamais s'arrêter... 

Jusqu'à devenir le parent de mes parents, comprendre qu'on a posé sur mes épaules l'attente d'être sauvé... Et à l'intérieur de moi, trouver ça injuste et inapproprié (donc me défendre), mais sans jamais trop oser... Par loyauté mal gérée... Et toujours avec ce ressenti de ne pas être comprise, pas acceptée telle que je suis, pas entendue et par conséquent seule, dans un vide existentiel, livrée à soi même, n'ayant d'autre choix que de combattre pour survivre, avec pour seules armes la compréhension, l'empathie, la résilience, le courage, la force, et surtout une fervente envie de Vivre. Écrire devient ma respiration, les mots mes alliés. 

Pour autant, aucune compétence, aucune maîtrise de la psyché ne protège du naufrage quand l'intime s'effondre.

 

11 ans (ou 12 peut-être). 

C'est le nombre d'années depuis lesquelles j'accompagne des personnes en fin de vie. Tout d'abord mon père, jusqu'à son décès sous mes yeux il y a 9 ans. 

Puis J., celui qui vit à mes côtés depuis 24 ans, le père de mes enfants, toujours présent, mais projeté il y a 9 ans, dans un monde parallèle : celui de la maladie et de la fin de vie. 7 ans qu'il a définitivement plongé dans les méandres d'une existence où ce qu'il était n'existe plus. Où les émotions ne sont plus qu'un mot, et où l'autonomie est devenue un concept relatif. Et au même moment, l'entourage qui disparaît proportionnellement à la défaillance de son corps abîmé. (Heureusement, pour m'aider, j'ai rencontré une personne formidable qui a su lire en moi et m'apprendre beaucoup pour avancer dans ce chemin tortueux. Cette personne a su m'aider à m'autoriser à vivre pleinement.)

 

Il y a 3 ans.

C'est la période où j'ai commencé le parcours du combattant qu'est la reconnaissance de la neuroatypie. Pas la mienne, mais celles de mes deux enfants. Les bilans successifs, les rendez-vous incessants, des forêts de papiers à remplir et à gérer... Et avec mes projections anticipées sur leur vie d'adulte, où je me sens le témoin impuissant des ravages de leurs blessures naissantes. 

 

Et puis.... 

Ma bataille la plus récente, la plus vive aujourd'hui parce qu'elle est née dans le chaos de mon quotidien, dans un brouillard et un brouhaha de ma vie. Cette lutte qui fait que je ressens le besoin d'écrire pour rétablir. Celle qui brûle encore à l'intérieur de moi aujourd'hui. 

 

Il y a 6 ans. 

Une rencontre. Une évidence comme on en croise rarement, une fois par existence peut-être. Entre lui et moi, la connexion énergétique a été immédiate, électrique. Il n’est pas l’homme le plus beau du monde pour les autres, mais à mes yeux, il est le seul. Son allure, ce que je lisais dans ses silences, ce que je ressentais de son aura... tout en lui m’appelait. Très vite, l’humour et la légèreté nous ont soudés. Nous parlions le même langage, comme deux âmes qui se retrouvent après une vie d’errance. Je finissais ses phrases, je lisais en lui comme dans un livre ouvert (et personne ne le connaît mieux que moi, pas même lui-même...). Nos peaux, nos odeurs étaient devenues nos seuls repères fiables. Puis j'ai appris à mes dépens que l'amour, même le plus passionnel, ne suffit pas toujours. Même si on y croit de toutes ses forces.

 

Presque 6 ans.

C'est le temps qu'aura tenue mon histoire avec G. Il était pour moi un champ de lumière sublime, magnifique et magnétique, doté de surcroît d'une intelligence rare, d'une sensibilité fascinante... un mystère percutant mon cerveau complexe ! La connexion était incroyablement troublante, à tout niveau. G. m'apportait de l'oxygène, un miroir de moi-même très travaillé, me stimulait intellectuellement, mais m'offrait également toute sa sensibilité et sa douceur. J'avais besoin de lui, il était mon pilier, mon ancrage. Mais au delà du besoin, était né l'amour. Un amour profond, qui prend aux tripes, viscéral, et partagé. Celui d'une réciprocité faite d'amitié véritable, de confidences jamais imaginées avouer, de complicité adolescente, et de connexions inouïes.

 

De ces années faites de projets, de bonheurs, de découvertes, dans une vie commune sous mon toit pendant plus de deux années, G. et moi avons aussi été confrontés à des blocages. Car il aura été également celui qui n'aura pas su donner de nom à une histoire qui n'existait pas pour le monde extérieur... Une histoire où je suis restée invisible.

Dans ce contexte où j'avais viscéralement besoin de lui, l'attachement a muté en un sacrifice de mon propre respect. Sous des prétextes qui ont varié au fil des saisons, il a maintenu mon existence dans l'ombre. 

 

Aujourd'hui, il a retrouvé son décor et le calme d'une vie sans vagues, en abandonnant sa lumière. Aujourd'hui, G. est retourné à sa vie d'avant. J'ai été une parenthèse. Et c'est là que commence mon enfer : le deuil blanc.  

 

Le deuil blanc (ou perte ambiguë) est particulièrement complexe car il prive le sujet de "rituel de clôture". Il est le deuil d’une personne qui est toujours là, physiquement, mais qui a effacé votre existence de son récit officiel. Le deuil blanc est une injustice silencieuse qui nous dépossède de notre propre histoire. 

Mon deuil blanc, il consiste à vivre avec des souvenirs qui n'ont pas de témoins, des secrets qui pèsent sur mes épaules, et qui finissent par tordre mon corps de douleurs que la médecine peine à expliquer. Le deuil blanc est d'autant plus cruel qu'il est "non-reconnu" socialement. Sans funérailles, sans statut de "veuve" ou d'ex-conjointe officielle, le sujet reste prisonnier d'une douleur qui n'a pas de place.

 

Pourquoi raconter ça ? 

Parce que la vérité est un remède. Réclamer ma place légitime, crier mon existence, sortir de la clandestinité émotionnelle, s'impose à moi aujourd'hui comme une question de survie mentale. 

En tant que thérapeute de couple, je sais que le non-dit est un poison. Or, j'ai passé 6 ans à protéger, par loyauté, par amour, mais en dissociant mes valeurs intérieures. Je l'avoue, je peine à me relever d'un "traumatisme de l'invisibilité". 

 

Mais revenons à l'histoire...

Le fait de ne pas avoir existé pour l'entourage de G. et d'avoir dû taire nos souvenirs crée une douleur non reconnue, non validée, et encore plus difficile à digérer, que la perte elle-même. Les souvenirs sans traces sont comme des fantômes : parce qu'ils n'ont pas de témoin social, ils hantent mon esprit pour ne pas s'effacer, temps qu'ils ne seront pas validés. C'est pour cette raison que j'ai décidé de prendre la parole, avec dignité (je précise tout de même qu'il n'est pas question de vengeance : G. a ouvert une porte qui me permet d'oser ce récit). 

 

Le deuil blanc est d'autant plus complexe pour moi, qu'il impacte toutes les sphères de ma vie. Mes enfants voient encore G. comme leur beau père (dixit " ce sera qui notre papa, lorsque papa sera mort, si G. n'est plus là ?..."); je bosse plus de 60h par semaine, sur des problématiques relationnelles où le contre transfert est permanent; mon seul loisir est terni par la présence de l'un de ses plus proches amis ; les réseautages professionnels doivent être calculés conjointement, pour ne pas que sa "gardienne du foyer" y soit présente aussi ; des lieux et de grands moments de ma vie gardent son empreinte indélébile (comme lors de la cérémonie de remise des prix Femmes Battantes pour mon dico par exemple), et dernièrement, même le groupe de soutien entre aidants est parasité par le lieu qui me confrontera potentiellement à sa "gardienne" une nouvelle fois (soit dit en passant, je la respecte, rien n'a jamais été contre elle... La vie met des personnes sur votre chemin et ne vous demande pas l'autorisation...).

Bref, j'ai le sentiment d'être dépossédée de ma vie... En reprendre les rênes est donc une question urgente de survie. Mais le deuil dans ces conditions, prend du temps. J'ai écrit pendant des jours et nuits. Tout analysé, tout décortiqué, tout compris. J'ai même tenté de m'anesthésier dans d'autres bras, mais rien n'y a fait... En psychanalyse, on parlerait de la perte de l'objet interne, mais dans ma chair, c'est une amputation sans anesthésie.

 

Et puis....C. est entré dans ma vie.

Il y a quelques semaines. Un inattendu, et bien évidemment, le contraire opposé de G. (si ce n'est dans la légèreté et l'écoute). C. a su me réconcilier avec tout ce qui me manquait. Je me sens choisie, reconnue, respectée. Il assume, regarde, securise. Il me fait le cadeau d'une réhabilitation par le soin, par l'attention, par la considération réelle. Une présence qui vient adoucir les stigmates du passé. Pourtant, la présence de l'un n'annule pas le deuil de l'autre. On peut être aimée et considérée dans le présent, tout en hurlant encore de l'injustice passée. L'un répare, l'autre libère. Le cœur n'est pas une ardoise magique que l'on efface d'un revers de main...l'un permet simplement de survivre à l'autre. Les instants passés avec C. sont fluides et sincères, la transparence est notre crédo, l'instant présent notre phare.

 

On ne guérit pas de ce qu'on cache. Et même la meilleure des thérapeutes reste une femme qui a besoin que sa trace soit reconnue. J'ai aujourd'hui le devoir pour moi-même, que ces six ans sortent de la clandestinité pour devenir, enfin, une histoire. Finie. Mais réelle. J'accepte mes failles, mon attachement à un homme immature, ma colère face à la lâcheté, et cette part de moi qui a accepté l'ombre trop longtemps. Je ne veux plus être la gardienne d'un secret qui me détruisait. Je suis simplement moi : une femme, une mère, une thérapeute, qui apprend à marcher à nouveau, la tête haute, dans la lumière de sa propre vérité.

 

J’écris pour que ces années ne soient plus une parenthèse niée, mais une trace actée : j'ai vécu cela, j'étais là, c'était beau et c'était vrai, ma souffrance est légitime. En publiant, je ne cherche pas à supprimer l'amour pour ne plus souffrir, je cherche plutôt à ce que cet amour ne soit plus le pilote de ma vie.

Et si je peux, par mon témoignage, aider d'autres personnes à sortir de leur deuil blanc, alors ce sera pour moi, une victoire supplémentaire. 

Je n'ai aucune intention ou volonté ni de détruire, ni de salir. Juste de réparer ce qui doit l'être. Parce que je le mérite et que je n'ai rien à cacher, ni à me reprocher. Je suis juste humaine et imparfaite. Il s'agit de MA vérité. Celle que je ressens, celle que je subis, une vérité à mille facettes, mille joies et mille ombres. C'est un cri qui exige la réhabilitation de mon intégrité, de ma dignité; un manifeste pour clamer haut et fort mon existence, mon injustice, mais aussi mon manque et mon amour. Je remercie la vie d'avoir vécu ces intensités, je remercie de vivre encore, et d'emprunter, enfin, le chemin de ma propre renaissance.

 

 


On a tous parlé un jour, dans sa relation de couple, voire dans ses relations tout court, de faire des efforts. Alors aujourd’hui, je voulais décrypter un peu ce point.

 

On parle de quoi exactement ?

Les efforts peuvent revêtir plusieurs formes.

Il y a les efforts sains, simples et « communautaires » comme la politesse, l’écoute ou le respect (même si pour certains, ces bases sont déjà un concept !). Et puis, il y a les efforts plus complexes, qui demandent un changement comportemental, et qui sont dangereux, car ils sont une lutte intérieure contre soi-même, et c’est de cela que je vais parler aujourd’hui.

Je ne dis pas qu’il ne faut jamais faire d’efforts bien entendu, mais force est de constater en séance avec mes patients, que la durabilité de ceux-ci est un point de discordance dans les couples.

 

D’abord, pourquoi on veut faire ou on demande des efforts ?

Tout simplement pour éviter trop de conflits inutiles. Parce qu’on a bien conscience que nous sommes différents les uns des autres, et que pour vivre ensemble, il est normal de s’adapter, afin qu’il y ait une cohésion et une entente minimale. Par extension, c’est donc par peur de se sentir accusé(e) par l’autre, de le/la perdre, de finir rejeté(e), voire seul(e).

Alors, faire des efforts devient souvent une fuite du conflit. Car il est souvent plus tolérable de se forcer à prendre sur soi, que de grimper dans le train de la dispute ; laquelle on ne sait pas à l’avance l’ampleur qu’elle prendra…

Pour l’autre, c’est souvent une façon d’exprimer un besoin : lorsqu’on reproche de ne pas mettre le linge sale dans la panière, qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne me sens pas respecté(e), j’ai besoin d’aide sur ma charge mentale qui déborde autant que la panière, je me sens seul(e), voire dépassé(e) dans la gestion de la maison. Bref, la personne attend que l’autre change pour retrouver un soulagement émotionnel (plus que logistique, finalement).

 

OK, mais des efforts sur quoi ?

Généralement, les efforts que l’on fait se jouent sur des besoins que l’on n’a pas, sur des comportements qui ne sont pas naturels, sur des sujets qui ont tout notre désintérêt. La notion d’effort est donc une lutte de soi, pour l’autre. Prenons un exemple : le rangement et la propreté de la maison, encore. Le curseur sera nettement différent d’un individu à l’autre. Pour celui que ça ne dérange pas, comment voir l’intérêt d’un résultat parfait ?

Là, il s’agira d’un effort pour l’un : ne pas engager une dispute qui reproche à l’autre de laisser le bordel ; et pour l’autre : d’un effort pour être plus attentif que ce qu’il est naturellement, afin que le rangement corresponde aux attentes de l’autre.

 

Comment fonctionne l’effort et pourquoi c’est si compliqué ?

Tout d’abord parce qu’accepter de faire un effort dans sa relation, c’est admettre que l’autre a raison, et que notre contribution au bien-être du couple n’est pas suffisante. Il y a donc une part d’ego en nous qui est piquée… Le mental prend le raccourci de se dire : « je ne suis pas aimé(e) tel(e) que je suis », « je ne suis pas suffisant(e) », etc. Même si le conscient est plutôt du genre à penser « il/elle est chiant(e), exigeant(e), jamais satisfait(e) », etc.

Il peut heurter sa propre sensibilité, venir en dissonance avec ses valeurs, paraître inutile ou futile, et parfois effrayant car il demande une énergie folle de contrôle sur soi. Surtout lorsqu’il va à l’encontre de ce que l’on est (ou de ce que l’on pense être).

Ensuite, l’effort peut être vu comme un compromis, une négociation, une revisite du contrat relationnel que l’on entretient avec l’autre. Et dans la mesure où il oblige à sortir de sa zone de confort, pour penser à adopter un comportement qui va à l’encontre de ce que nous ferions naturellement, il devient rapidement lourd et difficile.

Or, un effort, c’est comme un régime : on peut se frustrer, modifier ses habitudes pendant quelques temps, mais pas se restreindre pour toute la vie !

 

Alors, pourquoi faire des efforts est très souvent un échec ?

Parce que la très grande majorité du temps, l’effort ne vient pas de soi. C’est-à-dire qu’on comprend l’argument de l’autre, sa volonté de faire autrement, mais on n’en voit pas l’avantage retiré pour soi. Même si cela permet de tempérer l’ambiance dans le couple, ce n’est pas un schéma intégré en profondeur chez l’individu, permettant un véritable changement.

Dit autrement, c’est comme écrire de la main gauche quand on est droitier : on peut le faire si on se concentre, on peut même progresser… mais dès qu’on est pressé, fatigué ou émotionnellement chargé, on abandonne et on reprend sa main naturelle. Ce n’est ni fluide, ni naturel, parce que ce n’est pas devenu une identité, mais juste une performance.

 

La conséquence d’un effort qui ne tient pas ?

La rancœur, le ressentiment, la frustration, pour les deux personnes. L’un parce que malgré ses efforts, il/elle ne sent toujours pas « à la hauteur » des attentes, ou « reconnu(e) » dans ce qu’il/elle est ; et l’autre parce que ce qui était attendu n’arrive jamais à être viable pour lui permettre d’être soulagé(e). Alors les disputes ou les fuites reviennent.

 

Mais alors, s’il ne faut pas faire d’efforts, comment on fait pour s’entendre ?

Mon conseil est de prendre conscience de ce qui se joue vraiment. De venir comprendre pourquoi on a envie que l’autre change. Pour avoir un modèle identique à soi, qui soit plus rassurant et qui comprenne naturellement nos besoins ? Alors c’est qu’il existe un inconfort, voire un déséquilibre dans sa vie. Il est important de se poser la question plutôt dans l’autre sens : pourquoi je m’inflige quelque chose qui ne me correspond pas ? ou bien : est-ce que j’attends de l’autre qu’il vienne réparer en moi quelque chose qui ne lui appartient pas ? (et donc mes reproches sont infondés).

Et pour celui qui est en charge de faire des efforts : Pour qui je le fais ? Est-ce que je suis heureux(se) lorsque je me force à être ce que je ne suis pas ? Qu’est-ce que ça dit de moi si mon comportement n’est pas respectueux, ou que l’autre ne se sent pas respecté ?

 

De mon point de vue, le but n’est pas d’être dans l’effort, mais de mettre le doigt sur ce qui est plus profond, et qui bloque le couple. Alors seulement, un véritable changement, une évolution de chacun dans ce qu’il est profondément, est possible. En gros, un effort qui tient est en réalité un choix de vie, de transformation de soi, parce qu’on est convaincu de l’amélioration profonde que cela peut impacter en soi et dans sa vie.

Un dernier exemple que je retrouve souvent : l’un est immature émotionnellement, et cherche en l’autre son parent, qui lui dicte quoi faire, quand, comment, et se laisse vivre, en espérant le moins de contraintes possibles, et surtout, en espérant échapper aux "punitions". L’autre ne veut pas être le parent, mais pense qu’il/elle n’a pas le choix, puisque le/la partenaire ne fait pas sa part. Dans ce cas-là, il ne fait nul doute que des efforts ne seront pas suffisants ! Chacun a la responsabilité de comprendre ce qui est en jeu pour lui-même : est-ce que ma place d’enfant me convient et est-ce que c’est la place que je veux tenir dans le couple ? est-ce que tout porter à la place de l’autre est une solution pérenne qui me convient ?...

 

Pour t’aider à déterminer ce qui pour toi est un effort sain ou pas, et comprendre les inconforts du quotidien, n’hésite pas à te faire aider !