LA DÉPRIME DE LA RENTRÉE


La fin de l’été est parfois un mauvais cap à passer.

Comme pour tout évènement socialement agréable (on retrouve un phénomène proche lors des fêtes de Noël par exemple), certaines personnes en difficulté dans leur vie, vont ressentir un syndrome dépressif durant la période estivale, ou juste après.

 

Pourquoi ?

Parce qu’une fois ce temps de pause passé, le souffle qu’ont donné les vacances, le repos et son lâcher prise sur les soucis, les frustrations, alors la rapidité exigée par le quotidien reviennent comme un boomerang.

 

Les personnes se sentent débordées, étouffées, noyées sous un tas d’émotions et de charge mentale beaucoup trop fortes pour être supportables. Alors oui, il y a la rentrée des enfants si on en a, il y a l’intensité du travail qui revient d’un coup, il y a les jours qui sont plus courts et le soleil moins présent, il y a le temps qui manque, il y a les sorties et les échanges qui se font de plus en plus rares... Et tout cela peut se cumuler à des émotions plus profondes, plus enfouies, qui décident de se mêler au chao de la vie.

 

L’état émotionnel, la vulnérabilité de cette période, vont donc naturellement faire ressortir les frustrations, et toutes ces choses qui manquent dans le quotidien : de la tendresse, ou de l’écoute, ou de l’attention, etc. Les besoins non assouvis de façon répétée tout au long de l’année, se transforment en besoins irrépressibles et immédiats. Ils se transforment en phrase du type : « je n’en peux plus », « il faut que ça change », « je ne supporte plus », …  C’est une fois encore, la parole des cinq langages de l’amour, qui fait écho, de façon plus brutale que le reste de l’année.

Prenons un exemple. Une personne qui dans son couple, tout au long de l’année, prend en charge la gestion du foyer, en faisant les courses, le ménage, la cuisine, les devoirs des enfants, les rendez-vous, la logistique, et moultes autres choses. On peut imaginer que cette personne a besoin d’aide dans son quotidien, pour se sentir soulagée. Or, en vacances, les règles sont un peu différentes, et tout est plus allégé. L’enjeu n’est pas aussi important, les impératifs moindres, les priorités modifiées. Mais… une fois de retour dans la réalité de la routine, c’est le bug, et tout devient insupportable. Les « services rendus » des cinq langages deviennent un besoin vital pour la survie émotionnelle.

La mécanique est la même pour les autres langages : le tactile, les paroles valorisantes, les cadeaux et les moments de qualité (et selon ce qui est le plus important pour chacun).

 

Alors, quoi faire ?

Premièrement, prendre conscience que ce qu’on s’impose peut être également partagé (sans forcément qu’il y ait une équité exacte), que nos besoins peuvent être exprimés et respectés, bref, c’est le moment de tenter le changement, pour du mieux sur le long terme.

Se remettre en question de temps en temps, c’est normal, et souvent c’est nécessaire : signe que des choses doivent évoluer. Mais, penser que l’on n’a pas le choix, c’est mettre des œillères sur tout ce qui ne convient pas et que l’on subit. Or, le fait de subir vient justement nourrir la période de déprime typique de la fin de l’été. Et n’oubliez pas que le corps sait (le corset..) ce que vous essayez de refouler, de cacher, d’enfouir sous le tapis.

 

Par conséquent, pour ne pas vivre la rentrée dans une violence psychologique, il est encore temps de se prendre en main, en se posant les bonnes questions :

  • Est-ce que j’ai besoin d’être aussi exigent.e avec moi-même et/ou les autres au quotidien ? et pourquoi ?
  • Ce que je fais pour l’autre (ou les autres) : est- ce que je me l’impose selon mon éducation et mes valeurs, ou est-ce ce qui est réellement attendu de moi par elle/lui/eux?
  • Est-ce que je veux déléguer, me faire aider, ou éventuellement me faire accompagner pour me soulager ? et pourquoi ?
  • Ma situation est une somme de choix. Qu’est-ce qui me met en souffrance ? Qu’est-ce que je peux choisir de changer pour m’apaiser ?
  • Qu’est-ce que, concrètement, je peux mettre en place tout de suite dès le mois d’août, qui me ferait du bien, rien qu’à moi ?
  • Qu’est-ce qui est essentiel à ma vie (et pas forcément prioritaire ni urgent), pour prendre soin de mon mental ? Comment je peux faire pour répondre durablement à ce.s besoin.s ? Et sinon, qu’est-ce qui m’en empêche ?

 

Et si vous n’arrivez pas à répondre à ces questions, ou bien qu’après y avoir répondu, vous ne savez pas où vous en êtes, alors il est temps de consulter. Quelques séances peuvent suffire à soulager les maux et rendre cet épisode plus doux...